Qui peut financer votre start-up en VC (Seed) ?

Financer votre start-up en VC, découvrez notre cartographie des investisseurs en capital-risque en France au printemps 2023 ! On vous dit tout !

  • Quelles sont les start-up dont l’activité est la plus susceptible d’être financée et d’attirer les investisseurs en Seed  (Venture Capital)

  • Quels domaines d’activités ont le vent en poupe en ce printemps 2023 ?

  • Quelles sont les activités dont les tickets moyens sont les plus levées ?

  • Et au contraire, quels sont les secteurs qui peuvent avoir plus de mal à lever, faute d’investisseurs dédiés ?

Qui peut financer votre start-up en VC (seed et série A) ?

Méthode de travail

Donc, dans notre base d’investisseurs, nous avons retenu :

  • Les investisseurs français et étrangers (notamment européens et nord-américains) qui investissent en France. Notre présente étude s’adressant aux start-up françaises, nous avons choisi d’écarter les investisseurs étrangers qui n’opèrent pas en France.

  • Les natures d’investisseurs retenues sont les suivantes : – Les réseaux de BA – Les sociétés d’investissement – Les family offices – Les corporates VC – Les fonds VC – Les prêteurs (en trésorerie ou en obligations convertibles) – Les subventionneurs et les donateurs

A noter : nous avons choisi d’écarter de l’étude les Business Angels (dont les thèses sont moins figées dans le marbre) et les investisseurs indirects (tels que les sites de crowfunding).

  • Les investisseurs VC (capital-risque) : nous avons fixé le seuil haut de cette étude à des tickets de 3 M€ (seuil qui peut bien entendu se discuter : nous souhaitons ici rester dans la zone de financement du capital risque, parfois résumé en Seed et Série A). Sont donc écartés les investisseurs en capital-développement (growth), apportant des tickets supérieurs.

Les résultats en un coup d’œil

Croisons à présent le nombre d’investisseurs finançant chaque thèse, avec leur ticket moyen d’investissement annoncé (nous parlons ici des tickets prévus, en ce printemps 2023 pour les decks qu’ils étudient actuellement : et non pas des tickets investis par le passé, puisque leurs thèses peuvent avoir évolué depuis).

Qui peut financer votre start-up en VC (seed et série A) ?

Nota : sur le ticket moyen, le montant brut n’est pas à considérer au pied de la lettre (il ne veut rien dire en tant que tel) : ce qui importe, ce sont les positionnements relatifs des thèses entre elles.

Dans le détail…

Les délaissés

Les délaissés sont les secteurs d’activités les moins prisés par les investisseurs : ces secteurs ont un nombre de financeurs dédiés très faible qui, de surcroît, apportent les plus petits tickets en capital-risque. On trouve dans cette catégorie :

  • AdTech (et ses déclinaisons : MarTech, Marketing et media …)

  • Web3 (metaverse, blockchain, cryptomonnaie, NFT …)

Les délaissés concernent des start-up souvent positionnées sur une technologie de niche, mais avec des périmètres d’usages et d’applications très larges. Les start-up françaises sur ces activités disposent d’une très faible diversité d’investisseurs pour se développer (moins de 50 investisseurs potentiels pour chacune de ces 2 thèses). En revanche, ce sont des investisseurs très pointus dans leur domaine, particulièrement challengeants : et ils offrent de la véritable smart money aux fondateurs : apports technologiques, mises en réseau, développement stratégique, synergie…

Les financeurs de niches

Les financeurs de niche couvrent des secteurs d’activité très spécifiques. Ils ne sont pas très nombreux pour les start-up françaises (moins de 50 financeurs à disposition des start-up pour chaque niche sectorielle). Et ils investissent des tickets inférieurs à la moyenne. Ces activités spécifiques concernent à la fois :

  • Des activités BtoC pour les particuliers : Gaming (dont E-sport et réalité virtuelle de loisirs), PetTech (santé et alimentation de nos amis les animaux) et EduTech.

  • Des domaines professionnels BtoB pointus : Logistique (dont supply chain et conditionnement), Futur of Work (emploi, recrutement, formation, conditions de travail) et AéroTech (dont SpaceTech et Défense). Pour ces domaines professionnels, les tickets en Seed / Série A ne sont pas des plus importants, mais il s’agit souvent d’un premier tour de table, annonçant une stratégie de futures levées.

Tout comme pour les délaissés, ces investisseurs, peu nombreux, sont experts de leur activité avec un portfolio très ciblé : plus que du cash, ils apportent des solutions techniques, proposent des synergies avec le reste de leur portefeuille, et peuvent contribuer à ouvrir des marchés aux start-up de leur portfolio.

Les consommateurs de cash

Viennent ensuite les activités consommatrices de cash. Les tickets commencent à être plus élevés, et le panel d’investisseurs potentiels s’avère plus important (entre 50 et 100 à disposition des start-up françaises). C’est sont des activités consommatrices de cash, parce qu’on y retrouve :

  • Des activités BtoC : elles nécessitent de lever des fonds assez conséquents pour permettre aux start-up de disposer des moyens marketing nécessaires à leur développement. Parmi ces activités : le BtoC pur (retail, marketplace, e-commerce, DNVB, DtoC …), l’Hospitality (tourisme, hôtellerie, restauration), la FoodTech (alimentation, livraison à domicile).

  • De manière surprenante, l’activité des Loisirs (outdoor, sport, mode, luxe, culture, art… hors gaming) est quasiment l’une des mieux financées en Seed et Série A. Peut-être parce qu’il s’agit là d’investissements ET de passions ? Et que, quand on aime, on ne compte pas ? 😉

  • Des activités lourdes : dont le volet recherche et développement nécessite de payer des équipes, et de financer des tests et des prototypes, souvent très fortement en amont du début de la commercialisation. Nous trouvons ici des investisseurs pour les projets DeepTech, les projets PropTech (dont BTP, construction, bâtiments intelligents, recyclage des matériaux déconstruits), les projets Industries (très consommateurs de cash pour les bâtiments, les machines-outils, la conception, la montée en charge) et Mobilités (mobilités douces et transports).

Les préparateurs d’avenir

Nous positionnons, dans cette famille des préparateurs d’avenir, les financeurs qui contribuent à nous préparer une vie plus saine.

  • Soit à travers l’avenir de la planète : avec le financement de l’Agri/Agro (AgroTech, AgriTech, sciences de la vie végétale, bois, viticulture), de l’Énergie (énergie décarbonée, hydrogène, moyens de stockage). Les start-up sur ces métiers nécessitent mécaniquement des fonds importants si on veut escompter des résultats majeurs, avec des impacts environnementaux identifiables et mesurables.

  • Soit à travers l’avenir de l’humain, avec le financement ici des activités HealthCare (bien-être, beauté, soins, santé numérique) et du MedTech (dont BioTech et Sciences de la vie humaine) qui nécessitent souvent des fonds importants, en raison d’un calendrier long pour les étapes de R&D, d’expérimentation, de tests cliniques, de protocoles d’essai et de déploiement.

Signe positif et d’espérance en ces temps maussades pour la planète : nous trouvons dans cette famille des investisseurs :

  • Qui apportent les tickets les plus importants ou presque (ils sont dans la partie supérieure de notre matrice) : compte-tenu du caractère souvent DeepTech de ces activités, les tickets investis sont conséquents. Quand ces investisseurs s’engagent, ils s’engagent massivement, car ils savent que c’est une condition sine qua non du développement et de l’instauration de barrières concurrentielles discriminantes pour les start-up de leur portfolio.

  • Qui sont présents en nombre (entre 100 et 150 à disposition des start-up françaises), pour contribuer à apporter des réponses aux grands défis planétaires.

Et c’est plutôt un signe d’espoir et de confiance en l’avenir que de constater la convergence et le désir d’action des fondateurs et des investisseurs. Comme autant de réponses inspirantes à nos enjeux collectifs.

Les thèses populaires

Les thèses populaires sont les secteurs d’activités où nous trouvons le plus grand nombre de financeurs dédiés à disposition des start-up françaises (entre 150 et 200). On retrouve deux thèses :

  • L’Impact environnemental : nous y avons consolidé le GreenTech, l’environnement, le CleanTech, les circuits-courts…),

  • La Tech (souvent en modèle Saas) : logiciels / software, digital, Iaas, Cloud, Saas, Paas …

Ce sont des activités à la fois

  • raisonnablement consommatrices de cash pour les lancer (elles tournent d’ailleurs dans la moyenne des tickets des investisseurs,

  • très prisées des fondateurs et notamment des jeunes fondateurs,

  • souvent fortement scalables : donc susceptibles de connaître une croissance rapide et de séduire les investisseurs.

Les investisseurs sont particulièrement nombreux sur ces thèses, soit par convictions personnelles (notamment les réseaux de BA et les petites Family Offices) et / ou, pour des raisons plus prosaïques, les fonds VC qui peuvent financer ces thèses dans l’air du temps pour séduire leurs propres bailleurs de fonds (LPs et fonds de fonds).

Pour autant, cette densité et ce foisonnement d’investisseurs offrent-il davantage de facilité à lever des fonds ? Et pour un fondateur en mal d’inspiration, est-ce une bonne idée que de creuser une idée dans ces domaines afin de se lancer ? Oui et non : car si le nombre d’investisseurs spécialisés est important, le nombre de dossiers qu’ils reçoivent l’est tout autant. Autant dire que la concurrence est rude sur ces sujets.

Les thèses populaires

Nous nommons (un peu pompeusement, nous en convenons volontiers) cette famille les futures licornes, parce que ce sont des activités très propices à une hyper-croissance : 11 des 27 licornes françaises au 1ᵉʳ janvier 2023 font d’ailleurs partie de cette famille de thèses.

Ce sont des activités (et ça va rassurer les fondateurs ambitieux) qui ne nécessitent pas des moyens financiers démesurés pour lever en phase de capital-risque (Seed et Série A). Les tickets des financeurs à ce stade de maturité se trouvent légèrement au-dessus de la moyenne.

Ces activités très propices à un développement rapide et une valorisation pouvant devenir exceptionnelle sont :

  • La FinTech, famille très principalement dédiée aux logiciels d’entreprise pour une clientèle professionnelle BtoB, dans laquelle nous avons regroupé l’AssurTech, le LegalTech, le RegTech et la CyberSécurité.

  • La Techno 4.0 regroupant toutes les technologies en très forte évolution, avec des applications transversales ramifiées : robotique, internet des objets, intelligence artificielle et machine learning, big data, industrie 4.0, automatisation, réalité virtuelle professionnelle et 5G.

Ce sont des domaines, avec des activités très favorables à l’hyper croissance, qui plaisent particulièrement aux investisseurs. Pour autant, n’imaginez pas que lever des fonds sera facile : comme ce sont des domaines très favorables pour atteindre le statut (envié ?) de licorne, on y trouve des fondateurs particulièrement résolus. La bataille pour séduire les investisseurs n’en est donc que plus féroce.

… et pour finir, quelques familles que nous n’avons pas encore évoquées

  • La SmartCity : qui, sûrement parce qu’elle nécessite des compétences croisées et pointues (infrastructures, data, mobilités, énergie …), est très peu financée en VC en France (16 investisseurs seulement identifiés). Mais elle concerne les plus gros tickets dans l’univers du capital-risque.

  • L’Impact Social : une centaine d’investisseurs potentiels pour, souvent, des tickets relativement faibles. La grande difficulté (peut-être la schizophrénie) du VC dans l’impact social, c’est de trouver des fondateurs avec des modèles à réel impact social, mais avec un business model laissant augurer de la croissance et des investissements rentables, pour offrir de possibilités d’exit aux investisseurs early-stage.

  • Et enfin, les investisseurs totalement Agnostiques, qui sortent de notre matrice par leur nombre (plus de 350 investisseurs VC à disposition des start-up françaises, et ce hors Business Angels et crowdfunders), avec les tickets les plus faibles : nous nous garderons de tirer des conclusions sur les investisseurs agnostiques dans cette présente étude, tant la diversité de leur rôle et de leur motivation est grande.Quelles sont alors les possibilités concrètes pour sortir de cette situation ?

Pour conclure sur cette étude

Bien entendu, nous ne prétendons pas à une totale exhaustivité des investisseurs à travers cette étude : des fonds apparaissent ou ferment tous les mois, des sociétés d’investissements ou des SIBA se créent fréquemment, des groupes industriels et commerciaux investissent en early-stage par ligne budgétaire sans avoir forcément créé juridiquement un Corporate VC …

Et même si les gestionnaires de fonds nous tiennent informés de leur actualité, nous pouvons avoir un léger décalage.

Cependant,

  • le volume des investisseurs VC pris en compte dans le périmètre notre étude : 911 investisseurs VC français et étrangers (hors business angels) finançant des start-up françaises, parmi les 3.074 que compte notre base mise à la disposition de nos clients.

  • et notre suivi quasiment mensuel des thèses / tickets / politiques des investisseurs VC (à travers les roadshows de nos clients, et à travers nos relations étroites inhérentes à notre travail de qualification et d’actualisation régulière des thèses d’investisseurs)

donnent une image que nous estimons globalement fiable et réaliste de l’investissement early-stage et capital risque en France en ce printemps 2023.

À lire aussi sur le sujet — Actualité des VC en France au 23Q1 : point de vue et analyse par Aaticka

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