Le fameux ratio Valorisation sur CA (ou EV / revenue)… Ou dit autrement : ta valorisation correspond à combien d’années de ton chiffre d’affaires ?
Comme tout ratio, il est bien sûr sujet à caution. Mais il permet d’objectiver les projets et il est donc regardé finement par les investisseurs.
Selon une récente étude d’Avolta : sur les 713 levées réussies en 2023, les deals se sont conclus en moyenne à une valorisation équivalente à 5,2 fois le CA (ratio médian des levées). Même si le 1er quartile (ce sont les 25% de levées les mieux valorisées) a levé à hauteur de 10,5 fois leur CA. Et bien entendu ces ratios dépendent de ton activité et de ton business modèle.
Et trop souvent, on voit des fondateurs annoncer des valos nettement disproportionnées par rapport à cette réalité. Des x20. Des x30. Des x40.
Mais comment peux-tu séduire avec un prix trop cher ? Qui, dans la vie, accepte de surpayer quelque chose ? Pourquoi cela serait-il différent dans l’equity ? A quoi ça sert d’annoncer une valo délirante en regard des valorisations réelles des transactions ?
Tout ce que tu vas gagner avec une valorisation trop élevée, et même si ton projet est réellement génial, c’est de planter ta levée. Car n’en doute pas : sur le bureau des financeurs, se trouve forcément un projet tout aussi génial que le tien. Mais avec une valo plus raisonnable. Et selon toi : quel projet va choisir l’investisseur ?
Si tu rates ta levée en raison en raison de tes prétentions sur la valorisation, tu vas mettre en péril ta start-up et tu t’en souviendras toute ta vie. Au contraire, si tu te dilues un peu plus que souhaité (disons 25% au lieu de 20%) mais que tu réussis ainsi ta levée, tu oublieras très vite. Et ton entreprise sera placée sur les rails de l’hyper-croissance … c’est une perspective nettement plus réjouissante, n’est-ce pas ?
Le mot de la fin : tu penses que ton entreprise vaut X M€ ? Mais ton X M€ représente 40 fois ton CA ? Alors prouve ta valo par l’exemple. Va d’abord chercher le CA qui lui correspond effectivement. Tu n’en seras que plus crédible devant les investisseurs. Le reste, ce n’est que du jus de neurones. Les investisseurs veulent des fondateurs qui exécutent. Pas qui fantasment.